La Vouivre : Étymologie
Désiré Monnier écrivait :
Saint Clément d’Alexandrie a
fait observer que la vie et le serpent se rendaient en hébreu par le même mot
; et nous pouvons ajouter qu’il en était ainsi dans la langue de plusieurs
peuples. Chez nous, Vouivre est la même
chose que vivre, mot du vieux langage
français qui voulait dire serpent ou vipère. On voit, sans qu’on ait besoin
de le dire, que c’est aussi le même mot que l’infinitif vivre, venu du latin vivere,
être en vie.
Le rapprochement ainsi opéré
entre “vouivre“, “vivre” (serpent) et le verbe “vivre” est tout-à-fait
fautif, mais bien excusable à une époque où la phonétique historique en était
à ses balbutiements.
Voici une autre étymologie,
beaucoup plus récente, mais tout aussi fantaisiste :
On peut y voir plutôt une racine indo-européenne, Gwer, Gwor, indiquant une idée de “chaleur” et dont dérivent des mots allemands, anglais et français qui ont perdu le son guttural initial ou qui l’ont adouci en un f comme warm et four ; en d’autres termes, la “Vouivre” ou la Guivre aurait été primitivement un “serpent de feu” et non pas un serpent d’eau. Cette étymologie expliquerait pourquoi les vouivres ont des ailes et portent au front une étincelante escarboucle, c’est-à-dire un charbon ardent, en latin “carbonculus” ; quand elles plongent dans les fontaines ou dans les puits, elles laissent leur escarboucle sur la margelle. Il y a là une association de la “vouivre” avec une idée de lumière et de chaleur sorties des entrailles de la terre ; aussi, traditionnellement, la vouivre garde-t-elle les trésors souterrains.
© CRDP de Franche-Comté Juin 2000