L’enseignement conjoint des langues anciennes a pris valeur d’exemple et, en s’inscrivant ici et là dans un projet d’établissement a gagné la plupart des académies, que ce soit dans des zones difficiles (ZEP...) ou dans des milieux urbains et ruraux favorisés.
1. Un intérêt grandissant et une conviction qui gagne du terrain
Dans la prise de conscience de plus en plus pragmatique de la menace qui pèse sur le grec, et même sur le latin parfois, la « solution bilingue » est un moyen séduisant pour les enseignants comme pour bon nombre de chefs d’établissements et reçoit souvent l’approbation de l’Inspection.
La motivation pour une section bilingue Brigitte Massonet-Sangouard, Principale de collège
Cette méthode suscite de l’intérêt jusque chez nos voisins francophones, Belges ou Suisses. Dans la revue Pharos, Journal de l’Association Antiquité vivante, Cédric Brélaz (Université de Lausanne) écrit :
« En France voisine, l’expérience se propage dans les collèges... Ce bilinguisme est-il imaginable dans nos écoles de Suisse romande ? (...) Souhaitons ...que l’idée fasse du chemin parmi les adeptes des langues classiques en Suisse. »
2. Validation et formation
Encouragée dès sa naissance (en 1991 pour la classe de 4ème) et son évolution (en 1996 pour la classe de 5ème avec les nouveaux programmes), par les instances pédagogiques ( l'Inspection Générale et les IPR de Lettres), cette expérimentation a été présentée souvent par son auteur, mais aussi par des émules, dans des stages de formation ou des colloques dans les IUFM, dans les CRDP, à l'Université : Aix en Provence, Clermont-Ferrand, Besançon, Lyon, Amiens, Périgueux, Sens, Avignon… Les Associations de Langues anciennes (CNARELA - SEL..) s'en font régulièrement l'écho.
3. Une projection en lycée
L’expérience a été tentée en lycée. Il n’est pas question d’en faire une généralité, car chacun sait qu’il faut pour ce faire réunir bien des facteurs : appétence des élèves, charisme du professeur, acceptation par l’équipe pédagogique, bon vouloir du chef d’établissement et qu’une objection, tout à fait légitime et recevable est celle qui met en avant les programmes du baccalauréat. Mais la volonté réunie d’enseignants et d’IPR de l’Académie de Lille a donné naissance à une démarche didactique tout à fait intéressante : l’ECLA.
4. L’ECLA (l’Enseignement conjoint des langues anciennes)
« Ni méthode, ni remède miracle, l’enseignement conjoint des langues anciennes est une expérimentation devenue une démarche didactique, mise en œuvre en collège comme en lycée, depuis 1999, dans l’académie de Lille, et depuis 2004, dans l’académie de Toulouse. Elle est née d’une collaboration entre deux enseignants, M. Marc Bubert et M. Jean-Philippe Cerda. »
5. L’enseignement conjoint latin-grec sur le site Helios
« L'enseignement conjoint latin/grec est une nouveauté dans notre système scolaire : l'apprentissage des deux langues se fait parallèlement. La progression s'appuie sur des exercices qui se font écho en latin et en grec. La démarche est motivante et les expériences s'avèrent prometteuses auprès des élèves, mais le matériel pédagogique est à inventer. Cette banque de données sera enrichie progressivement. »