► « La politique documentaire et le projet d’établissement »
M. Dominique Sassi, IA-IPR Etablissements et Vie scolaire.
La problématique est celle de l’articulation de la politique documentaire et du projet d’établissement.
Le projet d’établissement est le cadre de référence dans lequel s’inscrit l’action pédagogique et éducative. La politique des établissements publics locaux d’éducation (EPLE) doit être formalisée afin de la rendre lisible :
- fixer des objectifs, indiquer les actions pertinentes
- prévoir des indicateurs pour en assurer le pilotage
La politique documentaire est un des éléments de la politique de l’EPLE ; à ce titre elle est partie intégrante du projet d’établissement. Elle y est intégrée et en cohérence. Il y a à la fois
emboîtement et
jeu dialectique.
Il est nécessaire de définir, dans le cadre d’une réflexion globale collective dans l’établissement :
- comment la politique documentaire s’inscrit dans le projet d’établissement ?
- comment le projet d’établissement oriente une politique documentaire ?
- quelles sont les contributions de celle-ci à la mise en œuvre du projet d’établissement et aux objectifs fixés (par exemple, l’accès au savoir) ?
La démarche de définition d’une politique :
La démarche nécessaire n’est pas encore tout à fait passée dans les mœurs. Est-ce un problème culturel ? En témoigne le dossier de la Direction de l’Evaluation et de la Prospective (DEP) d’avril 2005 (
n° 164 pdf) : en 2003, 44% des collèges publics n’avait pas de projet documentaire, 1/3 avait un projet formalisé mais qui ne concernait que le seul CDI.
Dans l’académie de Besançon, les situations sont très variées : actions du professeur-documentaliste disséminées dans les différents axes du projet d’établissement, projet documentaire se confondant avec le projet du documentaliste…
Il convient d’amener l’ensemble des EPLE à s’inscrire dans une
véritable démarche collective conduisant à la définition d’une politique documentaire. Il faut penser collectivement ce qui exige une
mobilisation forte, aux deux sens du terme (action de mettre en mouvement et de rendre mobile). A ce niveau le rôle du chef d’établissement est déterminant. La mobilisation doit être double : mobilisation des compétences et mobilisation des ressources documentaires.
Mobilisation des compétences
Les acteurs sont multiples:
- le chef d’établissement, primus inter pares : c’est le premier pédagogue de l’établissement. Il montre de l’intérêt par la place faite à la politique documentaire dans l’établissement, il crée un groupe de pilotage, il impulse;
- le professeur documentaliste : il a un rôle privilégié du fait de ses compétences en sciences de l’information et de la documentation ; il coordonne en tant que praticien et expert. Il est le responsable de la mise en œuvre du projet sous l’autorité du chef d’établissement ;
- l’animateur et les personnes ressources TICE ;
- le conseiller d’orientation psychologue;
- les équipes pédagogiques, obligatoirement parties prenantes. Le futur conseil pédagogique pourra se saisir de ces questions ;
- le conseiller principal d’éducation (accès aux ressources documentaires dans les salles de permanence, à l’internat par ex) ;
- le gestionnaire pour toutes les questions financières ;
- pourquoi ne pas associer des représentants des élèves dans les lycées ;
- ne pas oublier la nécessaire liaison avec les collectivités locales.
La politique documentaire est transversale, le travail doit être collégial.
Mobilisation des Ressources documentaires
Se poser une série de questions clés :
- Quels lieux ? le CDI est-il un centre ? Y a t il des lieux documentaires périphériques (cabinet d’Histoire Géographie, de sciences…) ? Travaille-t-on en réseau ? Avec qui ?
- Que mettre dans la base ? quelle organisation adopter ?
- Quelle politique d’acquisition, choix des abonnements, des sites, quelle politique de désherbage… ?
Il faut mener une réflexion globale sur les besoins de l’établissement et les réponses que l’on peut y apporter.
Quelques fondamentaux :
- arrêter des priorités : faire collectivement des choix raisonnés, assumés, dans le souci constant de cohérence avec la politique générale adoptée
- définir la politique dans la concertation ;
- penser un projet pluriannuel (possibilité de contractualisation des moyens budgétaires, par exemple pour l’abonnement BCDI 2006) ;
- retenir des indicateurs qui permettent le pilotage et l’évaluation, penser des évolutions ;
- afficher, diffuser, communiquer la politique documentaire. Porter à la connaissance du Conseil d’Administration, mais aussi des nouveaux enseignants, des parents, des collectivités territoriales. Dire ce que l’on fait et comment on le fait (par ex rendre compte de l’utilisation des moyens).
Conclusion :
Mme Bidot, ma collègue et moi-même attachons du prix à l’initiation d’une démarche et à la formalisation d’une politique documentaire lisible dans le projet d’établissement. Le chef d’établissement et le professeur-documentaliste jouent chacun un rôle fondamental dans le groupe intercatégoriel constitué à cet effet.
Cette volonté forte de la politique académique se traduit par la mise en place d’un
accompagnement institutionnel des EPLE : assistance à la conception et à la mise en œuvre de la politique documentaire, appui méthodologique au développement et à la conduite de projet.
Ainsi pour 2006-2007 sont d’ores et déjà programmés :
- un stage commun inscrit au plan académique de formation destiné aux chefs d’établissement et aux professeurs documentalistes (inscription en binôme)
- un nouveau dispositif consacré à la politique documentaire au PAF des professeurs-documentalistes, une formation de formateurs
- la relance des réseaux de documentalistes avec pour thème de travail « la politique documentaire » et un objectif de production sur le site académique des documentalistes
La politique documentaire est un chantier académique prioritaire.